Hyper-parentalité : tendance à vouloir en faire trop, à vouloir tout bien faire, quitte à faire les choses en lieu et place des enfants et/ou sans leur demander leur avis. Il s’agit d’une impulsion noble et naturelle, celle de faire le mieux pour ses enfants.

La vie familiale évolue, tout comme notre être, nos enfants, nos besoins et nos objectifs. Depuis plusieurs années, on voit des parents courir entre la pratique de hockey du plus jeune, les cours de gymnastique de la p’tite deuxième et le cours de conduite du plus vieux. On mange une bouchée, sur le coin de la table à l’heure du souper ou on s’envoie un sandwich entre deux lumières rouges, pendant que les enfants dévorent leur barre protéinée sur le siège arrière.  Si vous êtes chanceuse, vous partagez ces tâches avec une autre maman qui a un horaire comme le vôtre. Mais vous ne pouvez pas vous plaindre : vous êtes votre propre patron donc vous gérez votre propre horaire.

Mais vous êtes quand même au bout du rouleau. Vos enfants et vous passez votre temps à courir, sans relâche. C’est la course folle du matin jusqu’au soir, à cause du transport scolaire et des activités sportives de l’un et de l’autre. Les temps libres sont rares, voir absents, de votre emploi du temps et vous rêvez de quelques heures en ligne où vous pourrez respirer, pour vrai.

Arrêt

Je crois que vous êtes atteint d’un mal moderne qu’on appelle l’hyper-parentalité ou parent-hélicoptère.

Ne paniquez pas : vous n’êtes pas les seules dans cette situation. On l’est toutes, à divers degrés. Chaque parent veut ce qu’il y a de meilleur pour ses enfants : l’épanouissement, le développement de talents et de compétences ainsi que le bonheur. Nos parents voulaient la même chose pour nous. Alors pourquoi l’hyper-parentalité est un phénomène moderne?

Trop d’informations

L’arrivée de la technologie nous a donné accès à une quantité démesurée d’informations. L’humain étant de nature curieuse, nous cherchons donc à s’éduquer et à s’informer sur tous les sujets possibles. Quoi faire et ne pas faire avant / pendant / après la grossesse, tout ce qui touche la petite enfance et le développement de l’enfant, etc. Plus de secret : on a accès à toutes les informations possibles.

Besoin de performance

Les images instagrammées de nos vedettes préférées, les blogues des mamans-influenceurs, les jugements et la comparaison sont tous des facteurs qui nous pousse à être meilleures : de meilleures mères, de meilleures femmes d’affaires… Mais aussi à montrer que nos enfants sont meilleurs que ceux des autres.

Stress et culpabilité

On consacre beaucoup de temps à notre entreprise*, à la faire grandir et à augmenter sa rentabilité. Il arrive donc qu’on ressente un certain niveau de culpabilité, ce qui nous pousse à (se) donner encore plus pour nos enfants. On les empêche alors d’apprendre à leur propre rythme, on les envoie chez les psys pour s’assurer que tout va bien, on ne les laisse plus être des enfants parce qu’on cherche à se (faire) pardonner notre absence, qu’elle soit physique ou psychologique.

Comment pouvons-nous atténuer les effets de l’hyper-parentalité dans notre vie?

La clé est la même que la gestion de notre temps : revenir à la base. Je ne parle pas ici de se retirer dans le fond du bois et de se reconnecter à soi-même (même si ça fait teeeeeeellement de bien, ça s’insère pas super bien dans un horaire! Sauf une fois de temps en temps…)

Gardons ça simple : la pyramide de Maslow. En 1940, ce chercheur a établi un schéma qui présente nos besoins primaires, selon un certain ordre : besoin physiologique, besoin de sécurité, besoin d’appartenance, besoin d’estime et besoin de s’accomplir.Besoins primaires : pyramide de Maslow

Dans le concept d’hyper-parentalité, on a tendance à inter-changer les besoins de la catégorie « sécurité » avec ceux « de s’accomplir ». On pousse nos enfants à se développer et à devenir meilleur parce qu’on culpabilise de ne pas passer assez de temps avec eux. Et si on arrêtait de surcharger leur horaire, avec des activités sportives, des ateliers de développement et des cours de toutes sortes? Et si on les laissait être des enfants, jouer dehors, se perdre dans les bois?

Et si… On leur demandait leur avis?

Vous êtes-vous déjà arrêtée pour demander à votre enfant s’il aimait ça, jouer au hockey? Faire de la natation, du karaté, de la gymnastique… Oui, on veut ce qu’il y a de mieux pour eux. Mais on doit leur apprendre à se respecter, à développer leur intérêt et LES LAISSER S’ENNUYER!!! Fermez la télévision et les jeux vidéos et allez vaquer à nos propres occupations pendant qu’eux… ils cherchent ce qu’ils pourraient faire. On doit les laisser en tête à tête avec leur imagination. Ce sont des enfants. Laissons-les être des enfants.

Nous sommes des adultes, nous réussissons nos vies. C’est donc dire que nos parents ont fait quelque chose de bien, non? Arrêtons de vouloir tout contrôler, tout le temps. Nos enfants ont besoin d’apprendre par eux-mêmes, d’utiliser leur imagination, de se tromper, de tomber. Ils n’ont pas à être emballés dans du bubble wrap.

En voulant tout contrôler ce qui touche à nos enfants, on perd un temps précieux qui pourrait être utilisé à créer des souvenirs avec eux. Laissez la spontanéité revenir dans votre vie. Prenez le temps de jaser avec eux, vous seriez surprise de ce que vous pourriez apprendre!